finca de cafe

Boquete : ou le pays du café et de la randonnée

Boquete : ou le pays du café et de la randonnée

Après avoir bien cramé sur la côte de Pedasi, me voilà partie pour la montagne en plein cœur du Panama : Boquete. Et c’est là que mon voyage va virer, pas au cauchemar, mais au parcours du combattant.

Le trajet Pedasi-Boquete

Le trajet entre Pedasi et Boquete est long. Il m’a fallu huit heures de bus (presque non-stop) et cinq bus différents pour atteindre la montagne. Et j’avais vraiment sous-estimé la durée de ce voyage et le nombre de car à prendre. Ce qui a généré un stress chez moi qui a fini par déclencher à nouveau ma hernie discale. Autant vous dire que huit heures de bus avec mal au dos, c’est compliqué à gérer. Mais je l’ai fait !

Donc, pour rejoindre Boquete depuis Pedasi, il a fallut :

  • Prendre un bus de Pedasi à Las Tablas
  • Prendre un taxi pour changer de gare routière
  • Monter dans un bus direction Chitré
  • Changer de bus et prendre celui pour Santiago (de Veraguas)
  • Changer de bus et prendre celui pour David
  • Changer de bus et prendre celui pour Boquete.

J’ai eu droit à plusieurs modèles de bus : du petit inconfortable, au petit plus récent et confortable mais un peu trop plein (ce qui rend les montées difficiles et les portes impossibles à fermer), en passant par le grand bus de 60 places. J’ai même testé celui de type School Bus américain customisé, avec la porte qui ne ferme plus. Dans mon parcours, j’ai quand même eu de la chance. Je n’ai pratiquement pas attendu au moment des changements. Je descendais d’un bus et hop ! je remontais dans un autre.

Comme toujours, le pris du trajet est imbattable : 22,75 $ tout compris.

Il m’en coûtera 5$ supplémentaire pour prendre le taxi qui me mènera à mon auberge de jeunesse, un peu excentrée.

Boquete

L’arrivée à Boquete

Après ces interminables heures de route, plus ou moins en bon état, me voici arrivée à Boquete. Située à plus de 1100 mètres d’altitude, cette ville redonne un peu de fraicheur à mon séjour tropical. Moi qui ne suis pas super fan de la chaleur, j’apprécie le changement climatique. Et puis dans les montagnes, je me sens un peu comme à la maison.

Je prends donc un taxi pour m’emmener à mon auberge qui est à quelques kilomètres du centre. Mais pour y aller ça grimpe, et je ne me sentais pas de faire le trajet avec 15 kilos sur le dos. Le taxi m’emmène au bout d’un chemin en terre, et j’avoue que j’ai commencé à flipper quand il s’y est aventuré. S’il n’y avait pas eu toutes ces maisons autour, j’aurais carrément paniqué. Mais non, l’auberge est dans une villa à 150 mètres de la route, et je suis accueillie par une dame très gentille qui me montre mon dortoir. La maison est dans son jus, il y a un centimètre entre la dalle et le mur (le Panama est une zone sismique), mais ça a l’air propre.

Plus tard, je rencontre le bénévole colombien qui me parle de la sécurité. En gros, il y a eu de nombreux cambriolages dans le quartier, mais il ne faut pas s’inquiéter. Ayant été la seule guest de l’établissement durant tout mon séjour, j’avoue que rester calme était légèrement difficile. Malgré tout, la première nuit sera très reposante.

hostel boquete

Vue depuis l’auberge

Café tour et café tout court

J’avais réservé pour mon premier jour entier à Boquete, une visite dans une ferme de café, une « finca de cafe« , via Booking. La visite commençait à 9h15, on me demandait d’y être pour 9h00.

Je suis partie de l’auberge vers 8h15, me disant que je trouverais facilement un bus ou un taxi au bord de la route pour m’emmener.

Que nenni ! J’ai loupé les rares bus qui sont passés, et les taxis étaient déjà tous pris. J’ai dû descendre en ville à pied, ce qui m’a pris plus d’une demi-heure. J’avais mal au dos en partant, ça allait un peu mieux en marchant, mais je languissais quand même de pouvoir m’assoir. Je suis donc arrivée en ville à l’heure où j’aurais dû être à la ferme. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Je trouve enfin un taxi disponible et monte dedans. Je lui demande de m’emmener au Eco Horqueta, la ferme-auberge en question. La blague : il ne connaissait pas du tout. Du coup, il s’est fié à l’adresse pour prendre la direction, et heureusement pour nous, des panneaux étaient installés aux endroits stratégiques et il a pu me mener à destination. Si vous choisissez ce tour, ne paniquez pas si on vous mène au milieu de la pampa, en haut de la montagne, éloigné de tout. C’est la bonne adresse. Le prix de la course pour aller se perdre au milieu du nulle part panaméen ? Douze dollars.

Expérience de café ancestral à Boquete

Ce tour est vraiment une expérience à vivre. Je suis arrivée en même temps que quatre jeunes panaméens en visite dans les environs. Finalement, je n’étais pas (si) en retard. On nous emmène tout d’abord dans une vieille « maison », une grande pièce qui sert à la présentation du tour, mais on y trouve aussi quelques poules. Déroutant. Surtout qu’elle est penchée, vers le vide, et que ce n’est pas très rassurant de prime abord. Mais bon, apparemment, ça tient bien.

Cette ferme/hôtel ouvert en 2018 a pour cœur l’éco-conception. Et ça se ressent partout. L’idée est venue de la fille de la famille, qui après un séjour en Europe, a voulu retourner à la terre avec des pratiques beaucoup plus respectueuses de l’environnement. Puis la famille et les amis l’ont rejointe dans le projet.

C’est une plantation « organique », ici pas de pesticide, pas d’engrais artificiels. Les caféiers sont entourés de multiples plantes indigènes qui ont chacune un rôle : fleurs pour attirer les pollinisateurs, plantes pour repousser les mauvais insectes, des arbustes et arbres pour attirer oiseaux et autres animaux fertilisateurs. Tout est bien pensé.

finca de cafe

finca de cafe

On nous explique aussi, en espagnol et en anglais, qu’il y a trois sortes de caféiers. Mais le plus intéressant, celui pour lequel on est venu, c’est le Geisha. Un café particulier qui pousse dans les hautes altitudes du Panama. Ici, pas d’énorme récolte, pas assez du moins pour en vendre en grande quantité dans les magasins. Mais si on en veut, ils peuvent nous en préparer un peu sur commande.

finca de cafe

Ici, on ne va pas ramasser les fruits avec des chaussures. Non, on utilise seulement ses pieds, plus adhérents, ce qui évite les glissades intempestives (et dangereuses).

Après un tour dans la partie proche de la ferme, avec quelques caféiers pour les photos, nous revenons à la maison artisanale. Là, nous nous attaquons à la tâche de faire notre propre café, à partir de fruits du Geisha.

  1. Concasser les fruits et trier les graines de café.
  2. Torréfier les graines de café. C’est à cette étape que j’apprends que la différence de goût entre un café et un autre, vient uniquement du temps de torréfaction.
  3. Moudre les grains de café pour les ensacher et ramener à la maison un échantillon de ce café précieux.

eco horqueta

eco horqueta

Avec le reste, la maman nous prépare un café pour nous faire goûter. Et il est juste délicieux. Et ça sent tellement bon ! C’est un bon shoot de café dans les narines et l’estomac. Donc oui, je recommande grandement ce tour (même s’il y en a beaucoup d’autres en ville) à 45 $.

Nous repartons tous avec un sachet de 120 g de café fraichement moulu.

eco horqueta

Café tout court

Les jeunes qui étaient avec moi, ont gentiment proposé de me redescendre, et je les en remercie fortement. Une fois en ville, je suis allée déjeuner dans une pizzeria. Et ho, joie du hasard, en y allant, je suis tombée sur une allemande que j’avais rencontrée à l’auberge d’El Valle de Anton, alors forcément, nous avons papoté un moment.

Après m’être restaurée, j’ai fait un petit tour en ville. Il n’y a pas grand-chose à voir à proprement parler dans Boquete, mais il y a l’arcade des amoureux avec ses dizaines de pots de fleurs qui est joli à voir.

ville panama

Puis, je suis allée dans un café, sur les recommandations de la propriétaire de l’Eco Horquetta, pour acheter, justement, du café panaméen. C’est le Kotowa Coffee House. C’est un grand nom au Panama semble-t-il. Et il est bon. Par contre, trop de café, tue le café, le soir, impossible dormir.

café panama

J’ai aussi testé un thé glacé

J’ai ainsi pu entendre une alarme, des chiens aboyer les uns après les autres, puis tous les gallinacés du coin hurler à la mort. Pas angoissant du tout (si) !

Mal de dos et retrouvailles

Pour mon deuxième jour, j’avais espéré partir en randonnée, car Boquete regorge de sentiers, notamment pour monter au sommet du volcan Baru, ou encore pour voir des cascades. Malheureusement, ma hernie s’était bien installée, et je n’ai pas osé partir ne serait-ce que sur les petits sentiers aux alentours de mon logement.

En préparant mon voyage, j’avais déjà calculé quels sentiers je voulais faire, en fonction de ma cheville : El sendero de Las tres Cascadas et d’autres que j’avais prévu de faire avec un guide.

À la place, je suis redescendue à pied en ville pour acheter un peu des souvenirs. Et des cartes postales, que je n’ai pas pu envoyer, faute de timbres.

panama

Puis une autre touriste que j’avais rencontré à El Valle m’a rejointe au Kotowa coffee House. Elle venait justement de faire la montée au Baru, de nuit, avec d’autres personnes de son auberge. L’expérience n’a pas été des plus plaisantes semble-t-il, mais la vue était chouette.

Après notre café, je fais un peu de shopping dans les quelques boutiques de souvenirs de la ville. Puis, un petit tour dans les rues non principales et près du marché des artisans (qui a l’air quand même sympa). Et enfin, je suis rentrée reposer mon dos. Le taxi que je prends décide de prendre une route détournée pour monter, ce qui me fait monter une bouffée de panique. En fait, il voulait juste éviter le bordel du centre-ville…

jardin panama

panama

Randonnées

Boquete est donc le pays du café, mais aussi le pays des randonnées. Des dizaines et des dizaines de sentiers sont proposés depuis la ville ou dans les alentours. La montée au volcan est — comme déjà précisé — l’attraction du coin. Mais il y a quelques notions à savoir avant de vous aventurer n’importe où.

Tout d’abord, certains sentiers sont sur des propriétés privées, il faut payer un droit de passage pour y accéder. Ensuite, il est fortement conseillé, pour les plus longs sentiers, de partir accompagné d’un guide. La sécurité n’est pas tout à fait assurée en montagne.

Boquete, c’est là où ont été retrouvées mortes deux touristes hollandaises il y a 10 ans. Les causes exactes de leur disparition ne seront probablement jamais connues, l’enquête des autorités locales ayant été baclée. Mais si la théorie officielle est celle de l’accident, certains indices relèvent plus d’une agression qui aurait mal tourné. D’autres touristes ont aussi été agressés dans les environs.

Alors si vous voulez profiter sereinement des sentiers de Boquete, prenez un guide, ou partez en groupe !

Départ anticipé

Il y a assurément plein de choses à faire à Boquete et dans les alentours. Et tout autant d’agences en ville qui vous organisent des sorties guidées. Mais quand la santé ne suit pas, difficile d’en profiter.

J’avais réservé quatre nuits sur cette étape, mais je n’en aurais fait que trois. Ne pouvant pas randonner, et n’ayant rien envie de faire en ville, j’ai décidé de partir un jour plus tôt pour Bocas Del Toro, chez les copains. Et l’idée de passer encore trois heures dans un shuttle bus en montagne, ne m’enchantait pas des masses.

Mais pour savoir comment s’est passé ce trajet, il faudra revenir au prochain article.

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