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La Nouvelle-Orléans : ou mon coup de cœur pour The Big Easy

Il y a un peu plus de 20 ans, j’ai eu un coup de cœur pour La Nouvelle-Orléans, surnommée The Big Easy. Non, je n’y avais jamais mis les pieds, mais je l’ai aimé à travers une série télé (oui je sais, c’est un peu con con, mais mon amour pour les USA est parti de toutes les séries télé que j’ai ingurgité). L’histoire se déroulait à la Nouvelle-Orléans et j’avais A-DO-RÉ les images de la ville et l’ambiance qui s’en dégageait. Depuis, j’ai toujours voulu y aller, surtout pour Mardi Gras. Parce que le Mardi Gras c’est aussi réputé que le carnaval de Venise ou de Rio.

Alors cette année, j’ai décidé de me jeter à l’eau. Car malgré ses couleurs vives et sa musique, NOLA, comme la surnomment les américains, n’a pas très bonne presse dans le reste du monde. C’est une ville pauvre, un état guère plus riche, et la criminalité a longtemps troublé son sommeil. Mais dans les années 90 ça s’est amélioré, et c’est surtout après le passage de l’ouragan Katrina que le vide a été fait. Beaucoup de gens sont partis, et beaucoup ne sont jamais revenus.

Mais malgré cet état de fait, et mon appréhension non dissimulée, j’ai adoré NOLA. Oui c’est une ville pauvre, mais c’est une ville qui a le cœur sur la main, et la musique pour se jouer de la dureté de la vie.

Un peu d’histoire.

C’est en 1682 que René Robert Cavelier, un explorateur français, descend pour la première fois (et en premier) le Mississipi jusqu’à l’embouchure. Il baptise alors la région Louisiana, en l’honneur du roi Louis XIV.

La première colonie française est fondée le 02/03/1699 (jour de Mardi Gras) par Pierre Le Moyne d’Iberville. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718 par Bienville et la colonie prend vite de l’essor. En 1755 elle est rejointe par les Acadiens, ces français du Canada chassés par les Anglais. Ce sont les Cajuns.

La ville, choisie par les amérindiens pour ses digues naturelles empêchant les inondations, est située au-dessous du niveau de la mer. Elle devient la capitale de la Louisiane dès 1722 et ce jusqu’en 1880 (ce sera Bâton Rouge qui prend alors ce rôle). Elle sera sous la tutelle du Duc d’Orléans (d’où elle tient son nom) jusqu’à ce qu’elle passe sous domination espagnole en 1762. Pour autant, la ville garde ses traditions et son mode de vie français. C’est à cette époque que plusieurs incendies ravagent la ville. Sont alors construites des maisons de style espagnol, avec balcons et patios, c’est la naissance du French Quarter.

Les espagnols rendront plus tard la Louisiane à Napoléon. Mais ce dernier n’ayant pas les moyens de l’administrer, il la vendra aux États-Unis en 1803. La ville s’américanise assez rapidement.

A partir de 1820 la ville connait une période de paix et de richesse, notamment grâce aux plantations. Mais en 1861, lorsque la guerre de cessession éclate, c’est la fin de cette période prospère. Le Jazz naîtra un peu plus tard dans les nombreux bordels de la ville.

Lors de la 1ère guerre mondiale, La Nouvelle-Orléans sert de base pour former les nouveaux soldats et envoyer tout le matériel nécessaire par bateau en Europe. Le Vieux Carré retrouve alors une nouvelle jeunesse.

Il faudra attendre la fin des années 1960 pour voir le mélange des blancs et des noirs dans les écoles. Grâce au pétrole notamment, la ville connait un grand essor et devient ainsi la ville la plus touristique du pays mais aussi la plus dangereuse.

Bien que la tendance ait commencé à s’inverser dans les années 1990, la ville connaitra une chute fulgurante de la criminalité après le passage de l’ouragan Katrina en août 2005. La ville évacuée, il reste néanmoins près de 100 000 personnes résistantes. Classé force 5 (sur une échelle de 1 à 5) l’ouragan fera céder les digues du lac Pontchartain sur une longueur de 60 mètres. L’eau monte dans certains quartiers jusqu’au 2ème étage des bâtiments. Les maisons en briques ou en pierre résistent tant bien que mal, celles en bois sont rasées. Le French Quarter fait de la résistance, mais il sera pris d’assaut par les pillards.

Les secours tardent à s’organiser, et c’est une zone de guerre qui éclate en ville: vols, viols, meurtres, pillages, l’armée qui arrivera une semaine plus tard pour évacuer les rescapés ne peuvent que constater l’horreur. Au total 1836 personnes sont mortes durant Katrina, dont plus de la moitié à NOLA.

Au jour d’aujourd’hui, la ville n’est toujours pas entièrement reconstruite, le gouvernement trainant les pieds pour débloquer les fonds nécessaires à ces fins.

Ma visite de NOLA

Je relaterai mon expérience de Mardi Gras dans un autre article (il faut au moins ça).

Mon arrivée à NOLA se fera tard le soir, après quelques déboires dans les aéroports (mon bagage n’est pas arrivé avec moi, et j’avais disparu de la liste des passagers sur le vol Charlotte/Nouvelle-Orléans).

Ma première visite fût celle du French Quarter, le fameux quartier français, le Vieux Carré, cette partie centrale de la ville aux maison si jolies, si typiquement….espagnoles, lieu hyper touristique et de débauche. Je n’ai pas fait un tour « ciblé », j’ai juste déambulé dans les rues pour apprécier cet endroit emblématique.

Les boutiques, et le bars sont concentrés dans quelques rues, la plus connue étant Bourbon Street. Au Sud du Vieux Carré,  il y a Jackson Square, l’ancienne place d’armes, avec son église que l’on connait, son parc et son presbytère, ainsi que ses artistes peintres et musiciens qui enchantent nos oreilles et nos yeux tous les jours.

Ce quartier respire l’histoire, ses façades plus colorées les unes que les autres ont un charme particulier, relevé par toutes les ferronneries qui bordent les balcons.

Pour l’odeur, il ne faut par contre pas être trop sensible. Bourbon Street le matin, a des relents de la fête de la veille. Entre odeur de bière et de vomi, vous avez le choix. Pour autant, les services de voirie de la ville font un travail remarquable. Le matin, malgré la fête battante jusqu’à minuit, les rues sont propres et rien ne traine.

Les bars « à la limite de la légalité » pour certains (c’est le nom qu’ils se sont donnés), ne laissent entrer personne sans carte d’identité (testé et regretté). Alors pensez à toujours l’avoir sur vous.

Et si vous avez envie de sucrée pour faire passer tout ça, vous pouvez vous rendre au Café Beignet (j’ai testé celui sur Decatur Street, il y a deux autres adresses en ville). Vous pourrez y déguster une « spécialité » de la ville, les beignets au sucre glace (en fait, de petits chichis au sucre glace). Ne pas y aller habillé de couleur foncé. Enfin, moi je dis ça, je dis rien…. Attention, il peut vite y avoir la queue.

Le lendemain, je suis allé dans un parc, le City Park, au nord de la ville, qui est super sympa à voir. Entre mini bayous et espaces verts, terrain de golf, jardins botaniques (entrée payante pour ces derniers), terrain de golf et jeux pour enfants, sans oublier le musées d’art, il y a de quoi faire et de quoi prendre l’air.

Un petit train traverse le parc.

Je regrette seulement qu’il y a ai autant de voiture qui le traverse également. Ça pourrait être si tranquille sans ça! En tous cas, je remercie la copine Pauline du blog Petites Évasions, Grandes Aventures, pour cette idée de visite, que je n’aurai probablement pas faite sans l’article sur son passage en ville. Pour vous y rendre, il faut prendre un Street Car, ces vieux trams qui traversent une partie de la ville, depuis Canal Street et jusqu’au terminus.

Le trajet coûte 1,25$ quelque soit la distance parcourue. Vous pouvez également avoir un pass pour la journée pour quelques dollars de plus.

Le soir, j’ai profité d’un repas organisé à l’auberge de jeunesse pour goûter le Jambalaya, un plat typique du coin. C’est une sorte de paella version cajun, avec des épices cajuns et de la saucisse. Je me suis régalé!

Pendant les parades de Mardi gras, j’ai profité de quelques pauses pour faire un tour dans le Central Business District. Ici, plus de maison de style colonial mais des immeubles, et des bâtiments qui restent cependant élégants. C’est un quartier beaucoup moins touristique mais qui pourtant à du charme. On y trouve surtout les musées de la ville.

Un autre quartier qui vaut le détour, et que l’on rejoint par Street Car, c’est le Garden District. Beaucoup moins touristique, mais pourtant tout aussi joli que le French Quarter, ce quartier résidentiel abrite de nombreuses maison à l’architecture coloniale également. Je n’ai fait que l’artère principale, je n’ai pas fait le tour du quartier. Trop long, trop fatiguée, et il serait plus judicieux de le faire en voiture voire à vélo, vu l’étendue. Mais c’est un détour à faire absolument si vous restez quelques jours à NOLA. Ce quartier est très vert, d’où probablement son nom (ce n’est qu’une supposition ceci-dit).

J’ai également fait un tour sur la promenade le long du Mississippi, où on trouve toujours des musiciens ou un marché, et aussi l’aquarium.

Et j’ai fini mon tour au French Market. C’est un marché couvert où on trouve des stands de nourriture locale, de vente de babioles, souvenirs, vêtements. Les prix sont abordables, mais attention, ce n’est pas forcement du « made in New Orleans ».

Un endroit sympa pour déguster un Gator Stick, une saucisse d’alligator à la façon cajun sur un bâtonnet.

Et c’est loin d’être mauvais! C’est aussi là que j’ai testé le muffuletta au Market Café (au bout du French Maket).

Pas très cher, c’est un sandwich au pain brioché, du jambon, du fromage et plein de légumes dedans. Dedans ou dehors mais toujours abrité, il y a également souvent des orchestres qui jouent pour vous accompagner dans la digestion.

Le soir, si vous ne voulez pas vous débaucher dans Bourbon street, vous pouvez aller faire un tour sur la Frenchmen Street, une rue avec plein de pub, mais des bars avec groupes de musiques. Un régal pour les oreilles. Et la musique ne sort pas uniquement des bars, mais quelques artistes de rues font leur show en attendant d’avoir une place dans ces lieux plus sacrés. C’est une sortie O-BLI-GA-TOI-RE à faire si vous passez plusieurs jours à NOLA. Je l’ai faite en compagnie de plusieurs personnes de l’auberge de jeunesse. Ils avaient organisé un « music crowl », la tournée des groupes de musique. C’était vraiment, vraiment chouette! Et si j’ai bien tout compris, ces bars ferment plus tard que ceux de Bourbon Street.

De plus, au milieu des bars il y a une petite placette avec de nombreux artistes (bijoux, peintures et autres). Je dois vous mettre en garde cependant: ne pas y aller avec le porte monnaie plein, au risque de le vider intégralement sur place (ce fût une torture pour moi de trainer dans cette endroit, l’acheteuse presque compulsive que je suis a eu du mal à ne rien ramener tellement c’était beau).

Si vous êtes logé comme moi dans le faubourg Marigny ou dans le French Quarter, il y un bar/restaurant, situé sur l’esplanade, qui est absolument à tester: le Buffa’s. il m’a été recommandé à l’auberge, et j’y suis allé trois fois durant mon séjour. Il y a une partie bar, et une partie restaurant où viennent jouer plusieurs groupes par jour, et il est ouvert 24h/24h. Ça ne paye pas de mine comme ça, mais la bouffe y est succulente! S’ils sont réputés pour leurs burgers, j’y ai goûté le Pow Boy, une sorte de sandwich fait de baguette grillée avec salade tomate, viande ou poisson grillée, c’était le sandwich des pauvres (comme son nom l’indique, ou pas). Ici c’était du Red Fish, un délice! Les prix sont raisonnables le midi, un peu plus cher le soir. Mais c’était trop bon! (et à moins de 200 mètres de l’auberge!).

J’ai également fait un tour dans une plantation, et un tour dans les bayous. Mais je vous gardes tout ça pour d’autres articles sinon vous allez me haïr…

Ce qui peut aussi être fait à la Nouvelle-Orléans

Avec trois jours de Mardi Gras, je n’ai eu réellement que 3 jours pour voir La Nouvelle-Orléans et ses environs. Sachant que j’ai fait deux tours organisés sur deux jours, je n’ai malheureusement pas pu tout faire/voir. Mais voici une liste non exhaustive des choses que vous pouvez faire en ville:

  • une visite guidée du French Quarter à pied/en calèche/en Segway/à vélo
  • une visite des cimetières catholiques de la ville (c’est un peu comme le cimetière du père Lachaise à Paris semble-t-il, pleins de mausolées et d’œuvres en tout genre)
  • un Ghost tour
  • un Katrina tour, si si, apparemment il existe des tours qui vous montrent les quartier les plus marqués par l’ouragan. Sûrement intéressant, mais un peu de la curiosité mal placée non? Vous en pensez quoi honnêtement? Moi j’avoue que j’hésite.
  • un tour en Steam Boat, le bateau à aube sur le Mississippi

  • le WWII Museum (Musée de la seconde Guerre Mondiale). Il parait qu’il est génial. Je suis frustrée. Vraiment.
  • Faire de vrais repas aux écrevisses, spécialités du coin

Pour finir, mes impressions sur La Nouvelle-Orléans

J’avais beaucoup d’appréhension en allant à la Nouvelle-Orléans. La mauvaise réputation, l’esprit fêtard que je n’ai pas forcément, j’allais vraiment vers l’inconnu. Mais j’ai aimé cette ville. Certes, il faut faire abstraction de ses nombreux sans abris, et pour Mardi Gras, il faut en plus faire abstraction des gens ivres qui cuvent sur les trottoirs.

Mais c’est une ville accueillante. Les gens sont très gentils, et malgré sa réputation de ville de débauche, les quartiers visités sont très propres. Alors oui, je ne suis pas allé dans les quartiers « chauds » ou ceux qui sont encore marqués par le passage de Katrina, mais ce que j’en ai vu, c’est une ville qui fait tout pour relever la tête malgré les coups durs. C’est une ville qui vie. Qui aime partager sa musique et sa joie de vivre.

J’ai aimé NOLA, et j’espère pouvoir y retourner très prochainement, même si mon départ de la ville fût difficile lui aussi (j’avais complètement disparu de la liste des passagers là encore, et il aura fallut presque une heure à la gentille hôtesse pour me retrouver et acheminer mon sac jusqu’à destination).

Pour le moment, je me consacre sur mon prochain voyage, à New York. La suite au prochain épisode. En attendant également les autres articles, faites comme à La Nouvelle-Orléans: « laissez les bons temps roulez« .

 

6 commentaires sur “La Nouvelle-Orléans : ou mon coup de cœur pour The Big Easy

  1. Super article Martine, tu m’as replongé dans plein de chouettes souvenirs 🙂
    Et je suis très contente que tu aies aimé le City Park (je m’étais fait la même réflexion que toi concernant les voitures !)
    Perso je crois que je vais être obligée de retourner à la Nouvelle-Orléans pour la Muffuleta et les po-boys (#ventresurpattesbonjour) !
    Hâte de lire la suite

    1. YES!!!!! Viens, on y retourne pour mardi gras ensemble! (je suis restée frustrée de pas avoir pu fêter ça comme il se doit! :-p)

  2. Non mais le tour « katrina » c’est carrément déplacé et morbide. Putain les gars y reculent devant rien … et puis si ça existe c’est parce que des gens kiffent ça ! Bref. Super article. Très détaillé. Ça donne envie… déjà que j’avais envie

    1. Merci ma biche.
      C’est ce que je me suis dit aussi. Après, j’ai entendu une fille qui racontait un peu sa visite, et elle disait que ça lui avait permis de se rendre compte de l’empleur des dégâts, et de la réalité de la situation. Car pour beaucoup NOLA est totalement remise sur pied alors que pas du tout. Et ça les ,edias n’en parlent pas. Donc c’est pas forcemment tout noir ou tout blanc. Mais bon, pour autant je crois pas que je me sentirais de faire ça.

  3. Quelle série t’a donné envie d’y aller ? C’est la seule ville américaine qui m’a attiré pendant longtemps (maintenant j’ai ajouté Portland a ma liste) mais je ne sais pas pourquoi. Par contre j’avais que j’ai regardé la série The Originals uniquement pour la Nouvelle Orléans (bon et un peu pour l’un des acteurs).
    Je ne ferai pas le tour sur les conséquences de l’ouragan si le but est de montrer la destruction. Par contre j’ai déjà entendu parler de plusieurs associations qui font un travail remarquable sur place et la possibilité de les rencontrer, de les aider pourrait me tenter (même si je suis plus que mitigé sur le volontariat en voyage). Ou alors peut-être par le biais de couchsurfing, si je rencontrais quelqu’un directement concerné qui me le proposait (et non en faisant la démarche de chercher particulièrement).
    Ce n’est jamais simple entre l’envie de comprendre et d’être respectueux.
    En tout cas la ville comme tu nous la présentes est très belle, il manque juste une bande son pour aller avec tes photos

    1. Hihi. t’inquiète, au prochain article y en aura des vidéos! 😉
      La série c’était Flic de mon cœur (oui je sais, le nom est nunuche). The Big easy en anglais. Une série dérivée d’un film du même nom, une série policière (un flic pas corrompu mais pas très net qui mène des enquête ac une une nouvelle procureur qui applique la loi à la lettre… ). Pas beaucoup d’épisodes mais ça me plaisait bien ado.

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